Apprendre à chanter, c'est entrer à la découverte de son corps en mettant à l'unisson toutes les parties de son être : c'est s'accepter tel que l'on est et apprendre à devenir pleinement soi.
" Ô Ami, cesse de chercher le pourquoi et le comment. Cesse de faire tourner la roue de ton âme. Là même où tu te trouves, en cet instant tout t'est donné, dans la plus grande perfection. Accepte ce don, presse le jus de l'instant qui passe. " (poème soufi)
" En te levant le matin, rappelle-toi combien est précieux le privilège de vivre, de respirer, d'être heureux et d'aimer " (Marc Aurèle )
"Connais toi toi-même" (Platon)
"Deviens qui tu es" (Karlfried Graf Durkheim )
" le nouveau-né crie toute le journée et ne s'enroue pas" (Tao Te King )
"la voix parlée et chantée est essentiellement un geste, autrement dit un mouvement du corps en vue d'exprimer la pensée ou le sentiment "(Tarneaud)
" Notre peur la plus profonde n'est pas que nous ne sommes pas à la hauteur. Notre peur fondamentale est que nous sommes puissants au-delà de toute limite. C'est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus. Nous nous posons la question : Qui suis-je moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux? En fait, qui êtes-vous pour ne pas l'être? Vous restreindre, vivre petit, ne rend pas service au monde. L'illumination n'est pas de vous rétrécir pour éviter d'insécuriser les autres. Elle ne se trouve pas non plus chez quelques élus. Elle est en chacun de nous. Et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même. Si nous nous libérons de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres. " (Nelson Mandela)
"Inspirant, je sais que j'inspire; expirant, je sais que j'expire. Inspirant,je remarque que ma respiration se fait plus profonde; expirant, je remarque que ma respiration se ralentit. Inspirant, je deviens calme; expirant, je me sens bien. Inspirant, je souris; expirant, je lâche prise. Inspi3rant, je demeure dans l'instant présent; expirant, j'en ressens tout l'aspect merveilleux." (Tich Nhat Hahn)
"Celui qui apprend à respirer consciemment, éclaire son intellect, réchauffe son cœur, attire le rayonnement et la lumière " (Sogyal Rinpoché)
"Si vous ne pouvez m'apprendre à voler, apprenez-moi à chanter" (Sir James Barrie)
" la vie d'un homme n'est que du souffle qui se rassemble." (Lao Tseu)
"Allez au-delà de ce qui respire, là est le souffle." (Shri Aurobindo)
Il était une fois, il y a bien longtemps, dans une province du lointain royaume de Chine, un peintre qui savait dessiner d'un seul trait de pinceau, nénuphars, oiseau, forêts, rochers, vagues et nuages. Son génie était si grand que sa renommée s'étendit bien vite au- delà de son village, dépassant les frontières de sa province, pour parvenir un jour aux oreilles de l'empereur. Celui- ci le fit mander en son palais.
- " On dit que tu es le meilleur peintre de mon empire et je veux m'en assurer. Je t'ordonne donc de me peindre un cygne, que jamais de mes yeux n'aient vu plus beau cygne en ce monde et je ferai de toi l'homme le plus riche du pays. Combien de temps te faudra-t-il ? "
- " Dix ans mon seigneur ".
- " Dix ans pour un cygne ? "
- " Dix ans pour un beau cygne mon seigneur ".
- " Bien ", dit l'empereur impassible. " J'accepte ; et je viendrai moi- même le chercher. Dans dix ans jour pour jour ".
Les années passèrent. A la date prévue, L'empereur se présenta, entouré de notables, dans la modeste maison du peintre.
- " Je viens chercher mon cygne ! Où est-il ? "
- " Je vous attendais mon seigneur ", répondit l'artiste ; et il alla chercher une grande feuille de papier de riz. Toute blanche. Il trempa son pinceau dans l'encre spécialement préparée, et devant l'assistance ébahie, il dessina d'un seul trait l'oiseau promis au maître dix années auparavant.
- " C'est le plus beau cygne que j'ai vu de ma vie ", dit l'empereur ravi par tant de finesse et de splendeur. " Je te félicite et te remercie. Ta femme et tes enfants pourront vivre riches jusqu'à la fin de leurs jours ; je leur offre, devant témoins, un palais, un lac, un bois et des champs. Mais toi, grand artiste, tu n'en jaugeras point car je te ferai couper la tête pour t'être moqué de moi ".
Le peintre se laissa enchaîner sans mot dire, devant sa famille en larmes, l'empereur et sa suite s'apprêtaient à repartir quand l'un de ses fils, prince de sang, lui cria d'une autre pièce où son insatiable curiosité l'avait attiré : "Père, venez voir, venez vite ! " L'empereur traversa la salle à manger et rejoignit son fils dans l'atelier de l'artiste.
Par terre, sur les tables, accrochés au mur, partout, des monceaux, des liasses de feuilles de papier de riz, avec des milliers, des millions de cygnes dessinés. Le peintre consciencieux s'était exercé pendant dix années, jour et nuit, pour être capable de créer devant les yeux de son empereur une œuvre digne de lui.
Chaque fois que vous écouterez un grand artiste chanter, pensez à cette histoire et aux longues années qu'il a dû consacrer au travail de sa voix et au perfectionnent de son art. Et cela pour offrir, comme ce peintre, uniquement le meilleur de lui-même. En jugeant hâtivement, comme l'empereur, on pourrait croire qu'une cantatrice se moque de vous, lorsque l'on voit avec quelle aisance déconcertante il lui arrive d'interpréter les morceaux les plus compliqués. Ne soyons donc pas surpris quand nous entendons des oiseaux s'échapper de son gosier : pour faire du beau, il faut du temps...
"Rappelez-vous : sentir, toujours sentir... pas réfléchir... " (Karlfried Graf Durkheim )
" Exercer le non-faire dans le faire ". (K.G.D)
"Il nous faut distinguer clairement le corps qu'on « a » et le corps qu'on « est ». Le corps, c'est la personne, en tant qu'être qui vit. La personne vivante est au-delà des opposés corps et âme. Nous pouvons désormais remplacer le mot corps par les mots façon d'être là." (K.G.D)
" Il est intéressant de sentir le corps intérieur comme on sent sa main à l'intérieur d'un gant. Se sentir intérieurement ouvert, large. Envisager l'image concrète du corps qu'on est. » (K.G.D)
" Il est important de distinguer deux forces : une qu'on développe et qu'on fait et l'autre qu'on ne peut pas faire. Ainsi, on ne peut pas faire battre son cœur, il y a là une force que nous devons admettre. Cette force qu'on ne peut pas faire et qui ne peut qu'être admise est une part de ce qu'on appelle la force universelle. Personne n'est capable de faire sa respiration : la respiration est partie de la force universelle. Et c'est un pas important sur le chemin que de reconnaître et d'admettre cette part de nous-mêmes qui nous dépasse. " (K.G.D)
"Le bébé, le petit enfant, est poussé à s'épanouir depuis sa profondeur essentielle et il attend de son entourage une réponse affirmative à cette poussée. L'enfant a besoin d'être compris dans sa force naturelle, dans sa loi intérieure, il a besoin d'être reconnu et accepté en tant que ce qu'il est dans son être propre. S'il est méconnu ou refusé, il perd le contact avec la profondeur de lui-même et c'est un malheur qui va laisser des traces pendant toute la durée de son existence. La peur coupe le fil d'or qui le relie à son Être essentiel. Une fois adulte, cet homme qui ne sent plus le contact avec son Être essentiel va chercher à l'extérieur ce qu'il ne sent plus de l'intérieur. Comme il ne ressent plus la plénitude qui s'enracine dans son Être essentiel, il va chercher la force et la sécurité à l'extérieur, dans la richesse, dans le succès, dans le pouvoir. » (K.G.D)
" Il s'agit toujours de maîtriser une technique. Pourquoi ? Parce que tant que vous ne maîtrisez pas la technique, le moi objectivant qui doit faire attention, qui ne doit pas faire de faute est encore engagé. Afin de maîtriser la technique, il ne faut pas penser trop vite à la perfection. Après un certain temps, vous êtes capable de mettre à la disposition d'une force plus profonde la technique que vous maîtrisez parfaitement parce qu'elle est nettoyée d'un moi qui jusque là était encore trop engagé. L'exercice, c'est alors de se mettre au service de quelque chose de plus profond qui fait alors le travail pour vous; La technique chaque jour renouvelée nettoie le moi qui se sent obligé de toujours faire. L'homme qui sait faire de telle façon qu'il n'a plus besoin de faire laisse place à une autre force qui, si elle est authentique et pas dérangée par autre chose, représente déjà une manifestation de la Grande Vie. " (K.G.D)
" Être authentique, c'est accepter de voir qu'on est ce qu'on est et pas ce qu'on s'imagine être en regardant son personnage dans un miroir " (K.G.D)
" Le son de l'Etre est toujours là et il dépend de l'homme de s'accorder lui-même en tant qu'instrument, afin que résonne en lui le son de l'être. " (K.G.D)
" L'exercice sur le chemin consiste à mettre le moi au service de l'Etre " (K.G.D)
Selon une légende talmudique,
Lorsqu'un enfant nait,
Il possède encore le savoir ultime de ses vies antérieures.
C'est alors qu'un ange apparait
Et lui enjoint de tenir ce savoir secret.
L'ange pose son doigt sur la lèvre de l'enfant
Et, à cet instant précis,
Le bébé oublie tout pour entrer dans la vie.
Du geste de l'ange, il reste une trace :
Le petit creux qui dessine un fossé
Entre notre lèvre supérieure et la base de notre nez...
Alors seulement il peut pousser son premier cri.